Pensez à quelqu'un de vulnérable, autour de vous : un parent, un enfant, un voisin, dont vous vous occupez, une personne que vous protégez, que vous accompagnez.
Parlons-en deux minutes.
Une personne vulnérable a besoin d'un espace à elle : privé, choisi, particulier — un cercle de confiance qui la suit partout, quels que soient les lieux où elle est accueillie.
Les grandes structures peuvent soutenir cet espace. Elles ne peuvent jamais le remplacer, ni le posséder.
On appelle ça, simplement, son petit toit. C'est ce petit espace-là qu'on vous propose de regarder, pour la personne à qui vous pensez.
Les six questions qui suivent portent sur des rôles : ce qu'une ou plusieurs personnes font pour elle, ensemble ou chacune à son tour — jamais une étiquette qu'on colle sur une personne en particulier. Une même personne peut tenir plusieurs de ces rôles à la fois, avec des intensités et des durées différentes, et être elle-même fragile ailleurs.
Ce que ça donne, pour l'instant
Il a été mis en évidence, sur de nombreuses situations de vulnérabilité, que quand ça tourne mal, c'est presque toujours parce qu'un de ces rôles a été rompu, ou que personne ne le tenait vraiment. Ce n'est presque jamais une question de mauvaise volonté.
C'est souvent un point aveugle : on a l'habitude d'attendre une réponse institutionnelle, en pensant que ce petit toit va se construire tout seul, ou que quelqu'un d'autre va s'en charger. Aucune institution ne peut le construire à la place du cercle. Lui donner de la stabilité, de la force, de quoi peser face à tout le reste : c'est un travail actif, qui n'appartient qu'à vous et à ceux qui vous entourent.
Ces rôles ne sont pas des personnes : une même personne peut tenir plusieurs de ces rôles à la fois, avec des intensités et des durées différentes, et être elle-même fragile ailleurs. Vous pouvez recommencer ce parcours en pensant à quelqu'un d'autre — y compris à la personne qui tient un rôle pour celle à qui vous pensiez.
Ce qu'on peut faire, maintenant
Prendre conscience à plusieurs de la situation. Préciser ce qui existe réellement autour de la personne.
Voir, avec les proches, qui est réellement présent aujourd'hui autour d'elle, et ce que chacun fait concrètement.
Regarder avec quelle légitimité et quel pouvoir d'agir tout cela se fait : qui peut vraiment décider, intervenir, alerter ?
En discuter ouvertement avec toutes ces personnes, et si possible avec la personne vulnérable : qu'est-ce qui tient, qu'est-ce qui est fragile, qu'est-ce qui manque ?
Reconnaître que tout dépend, concrètement, des personnes qu'on a sous la main : comment trouver des renforts, comment former, motiver, et s'organiser dans la durée ?
Oser demander du soutien : chercher des bénévoles, mobiliser des professionnels volontaires — y compris au-delà de leur mandat officiel.
C'est un travail permanent. C'est un questionnement à reprendre régulièrement — et il appartient d'abord au cercle existant, tel quel, et en accord avec la personne. C'est un travail intime qui se construit à son échelle, sans intrus ou regard non invité.
Ce travail demande du temps, des compétences, parfois de la médiation. Et ce n'est pas à la portée de tous, surtout si on est fatigué. Si vous sentez que vous en avez besoin, vous pouvez demander du soutien aux institutions.
Vers les institutions
Une demande à porter plus haut
Voici un texte, prêt à transmettre à une institution, une collectivité ou une association.
Soutien au cercle de personnes de confiance
Les personnes d'un cercle de confiance, et qui y tiennent des rôles précieux et irremplaçables, ont besoin d'être activement reconnues et soutenues.
Voici ce que toute institution de la solidarité peut concrètement apporter :
Reconnaître le cercle de personnes de confiance d'une personne vulnérable, son petit toit, comme quelque chose lui appartenant exclusivement, et le respecter.
Assurer un véritable soutien de l'investissement nécessaire à la constitution et au renforcement de ce cercle, puis à sa reconnaissance.
Rechercher des bénévoles, des marraines et des parrains.
Proposer des ateliers de renforcement, un accès à des psychologues, à des médiateurs, à des relais juridiques ou administratifs.
Accorder du temps d'écoute, et du soutien logistique quand il en faut.
Le rôle fondamental d'une institution n'est pas de tenir le petit toit à la place de la personne, ni d'y être acteur. C'est d'encourager sa formation, et de le soutenir, sans jamais se l'approprier.
Vous pouvez transmettre ce texte tel quel, ou vous en inspirer pour écrire le vôtre.
Licence libre
Un outil libre, à partager
C'est un point d'appui commun : un repère simple et stable, sur lequel toute initiative de solidarité — une association, une collectivité, un collectif de citoyens, une famille — peut venir s'accrocher et construire, à sa manière, sans avoir à repartir de zéro.
Ce parcours est issu de travaux de recherche menés depuis plusieurs décennies sur l'organisation de la solidarité envers les personnes vulnérables, mis à disposition librement, sans droits réservés (licence CC0 — domaine public).
Vous pouvez le reprendre, le modifier, le décliner pour votre association, votre collectivité ou votre entourage, sans autorisation nécessaires.
Les six questions, en texte brut, pour vous en emparer :
À propos de cet outil
Cet outil est offert par DEDIĈI.
Aucune donnée n'est collectée : rien de ce que vous répondez n'est enregistré ni transmis. Ce parcours se termine avec la page que vous avez sous les yeux.
Il s'appuie sur des travaux de recherche publics — menés depuis plus de 40 ans et sous la forme d'un laboratoire d'idées associatif depuis 2016 — sur l'organisation de la solidarité envers les personnes vulnérables.
L'ensemble est mis à disposition sous licence CC0 (domaine public).