L'observation de départ
Depuis plus de 40 ans, Dediĉi observe les situations de vulnérabilité qui se dégradent malgré la présence d'institutions, de professionnels et de bonnes volontés. Ces situations semblent souvent chaotiques, ingérables, incompréhensibles. Et pourtant, lorsqu'on les relit attentivement sous l'angle de ce qui manque, certaines causes reviennent avec une régularité troublante.
C'est cette régularité qui fonde l'hypothèse centrale de Dediĉi : le chaos apparent cache une structure simple. Une cause des causes.
Les cinq manques fondamentaux
La cause des causes ne désigne pas un incident isolé. Elle désigne un niveau d'analyse plus profond que les symptômes visibles :
- Défaut d'écoute et de parole entendue — la personne vulnérable n'est pas entendue dans son intimité, ses besoins réels ne sont pas compris ni exprimés.
- Défaut de défense ultime — personne ne tient le rôle de forteresse humaine, de défenseur inconditionnel qui veille à l'autodétermination assistée.
- Défaut de tenue active de la situation — personne ne s'occupe durablement de la complexité, ne relie les acteurs, ne pilote sans lâcher.
- Défaut de compensation concrète — les aides, présences, services et moyens nécessaires ne sont pas mobilisés ou ne parviennent pas.
- Défaut de soutien institutionnel adapté — les lois, cadres et financements ne soutiennent pas ou captent la relation au lieu de la soutenir.
Une analogie structurante : l'ADN de la solidarité
Dediĉi propose une analogie forte pour aider à saisir la portée de l'hypothèse : comme l'ADN structure tous les organismes vivants autour de quatre bases et d'une charpente liante, cinq rôles invariants pourraient structurer toute solidarité humaine réussie. Non comme une procédure rigide, mais comme un chant organisationnel dynamique aux variations infinies — une fractale de simplicité.
Cette analogie n'est pas une preuve. C'est une invitation à la recherche : vérifier si ces invariants tiennent, définir leur domaine de validité, trouver le contre-exemple qui les fragilise.
Ce que la recherche est invitée à faire
Dediĉi ne demande pas d'adhésion. Il demande une mise à l'épreuve sérieuse. La recherche peut :
- Vérifier si l'hypothèse des cinq manques tient sur des corpus de situations réelles.
- Chercher le contre-exemple recevable qui la fragilise ou la réfute.
- Définir le domaine de validité : dans quelles conditions, pour quels types de vulnérabilité, dans quels contextes culturels et institutionnels.
- Comparer Dediĉi aux modèles existants en sociologie, philosophie, droit, care, complexité.
- Modéliser l'hypothèse pour en faire un outil prédictif ou diagnostique.