Le projet de vie continue avec la personne. L’autodétermination s’exerce partout où elle peut comprendre en confiance, réfléchir, expérimenter, refuser et changer d’avis.
Institutions · Associations familiales et parentales · Professionnels

01 · Un angle mort commun
Les services entourent.
Mais qui entoure humainement ?
Chaque organisation regarde naturellement la personne depuis ses missions, ses réponses, ses professionnels, ses contraintes et ses responsabilités. Elle cherche à recueillir ses choix, à rédiger son projet, à coordonner les interventions et à organiser sa protection à l’intérieur du cadre qu’elle maîtrise.
Ce regard peut entourer la personne de services sans permettre de voir qui l’entoure humainement.
Qui la connaît intimement ? Qui comprend ses manières de s’exprimer ? Qui lui accorde du temps et de l’attention ? Qui la défend ? Qui s’occupe activement et durablement de sa situation ? Qui restera lorsque les équipes, les services ou les mesures changeront ?
Dans beaucoup de situations, aucun cadre ne confie clairement à quelqu’un la responsabilité de sortir des murs, de regarder cette réalité depuis la personne et ses proches, puis d’observer ce qui existe, ce qui manque, ce qui s’épuise et ce qui devrait être soutenu. Des professionnels accomplissent parfois ce travail par engagement personnel. Mais il reste peu visible, peu reconnu et dépendant de ceux qui le portent.
02 · Le projet de vie est horizontal
Une vie qui traverse
toutes les offres
Le projet de vie est attaché à la personne, partout où elle est et partout où elle sera. Il traverse les lieux, les âges, les accompagnements, les institutions et les changements de situation. Il concerne toute sa vie et ne dépend d’aucune offre particulière.
Chaque projet individuel ou personnalisé traduit, dans une offre particulière, la contribution qu’un service peut apporter. Il précise ses engagements, ses moyens et ses actions.
Un service n’a donc pas la main sur le projet de vie. Il doit s’en nourrir, y contribuer et reconnaître honnêtement la limite de sa contribution. Plusieurs projets individuels peuvent se succéder ou agir en même temps. Le projet de vie, lui, continue avec la personne.
03 · Ce qui manque entre les institutions
Une humanité de proximité
et d’intimité indépendante
Cette horizontalité a besoin d’une humanité de proximité et d’intimité indépendante. Elle est faite de personnes physiques qui connaissent la personne ou apprennent à la connaître, lui veulent du bien, lui accordent du temps et de l’attention, la défendent et s’occupent activement et durablement de sa situation.
La proximité dont il est question ne se réduit pas à la présence physique. On peut travailler chaque jour auprès d’une personne sans entrer dans l’intimité de sa vie. On peut aussi rester profondément attentif à elle malgré la distance.
Cette proximité traverse les lieux et les organisations.
Le cercle de personnes de confiance donne une forme reconnaissable à cette humanité. Des proches, des amis, des bénévoles et des professionnels peuvent y prendre place comme personnes physiques. Une association, un service ou une institution peut le soutenir. Sa qualité de personne morale ne lui permet pas de le remplacer ni de se l’approprier.
04 · La protection juridique
Protéger ne crée pas
une présence humaine
Lorsque cette humanité manque, la protection juridique peut être investie d’une mission qu’elle ne peut pas remplir. La désignation d’un tuteur, d’un curateur ou d’un mandataire sécurise des actes, organise une assistance ou une représentation et apporte des garanties. Elle ne crée pas, à elle seule, des personnes qui connaissent intimement la personne et veillent sur toute sa vie.
Le professionnel chargé de la mesure risque alors de se retrouver seul, avec son dossier, ses repères et ses contraintes, pour accompagner des décisions concernant une existence qu’il ne peut pas connaître entièrement.
La protection juridique ne doit pas se substituer à l’humanité de proximité. Elle doit pouvoir agir avec elle.
Lire le cahier 03 · Protection juridique : protéger sans enfermer →05 · Le pas de côté qui reste à faire
Sortir un instant
des représentations institutionnelles
Il faut aller voir la personne là où sa vie se déroule. Regarder qui est autour d’elle. Comprendre qui fait quoi. Repérer les rôles tenus, les absences, les fragilités et les risques de rupture. Écouter la personne et ceux qui la connaissent. Puis soutenir cette humanité sans la faire entrer sous la maîtrise d’une organisation.
Reconnaître
Faire place aux relations choisies et aux personnes de confiance.
Favoriser
Permettre de nouvelles présences lorsqu’elles manquent.
Soutenir
Soulager ceux qui s’épuisent et donner des moyens aux engagements.
Préparer
Anticiper les relais avant qu’une rupture ne laisse la personne seule.
Défendre
Protéger les liens légitimes et entendre les alertes.
Veiller
Rester attentif à la bienveillance sans idéaliser l’entourage.
Soutenir sans tenir demande une implication réelle : reconnaître les relations choisies, favoriser de nouvelles présences lorsqu’elles manquent, soutenir les engagements, soulager ceux qui s’épuisent, défendre les liens légitimes, veiller à la bienveillance et préparer les relais.
Les associations familiales et parentales sont elles aussi concernées. La pérennité des organisations qu’elles ont construites ne garantit pas la continuité d’une humanité autour de chaque personne. Prolonger le combat des parents appelle désormais le soutien de cercles de personnes de confiance distincts des associations et capables de durer au-delà d’elles.
Cette responsabilité doit être reconnue par les droits, les politiques publiques, les financements et les alliances entre solidarités citoyennes et institutionnelles. Elle ne peut pas dépendre seulement de quelques personnes de bonne volonté.
06 · Ce que cette collection veut faire apparaître
La partie manquante
Le problème n’est pas que vous ne fassiez rien. Le problème est que vous déployez des démarches essentielles sans avoir encore suffisamment intégré la condition humaine transverse qui les rend effectives.
Pour rendre effectifs l’autodétermination, le projet de vie, les projets individuels et la protection juridique, les institutions doivent reconnaître et soutenir, autour de la personne, une humanité de proximité et d’intimité qui ne leur appartient pas.
C’est la partie manquante. C’est le pas de côté qui reste à faire.
Soutenir sans tenir.
Approfondir · Cahiers de DEDIĈI
Six cahiers.
Une partie manquante à retrouver.
Les institutions déploient l’autodétermination, les projets de vie, les projets individuels et les protections juridiques. Ces six cahiers examinent, sous différents angles, ce que ces démarches prennent encore insuffisamment en compte : l’humanité de proximité et d’intimité de la personne.
Chaque cahier peut se lire séparément. Tous conduisent au même déplacement : sortir du seul regard des offres et des organisations pour reconnaître, autour de la personne, les personnes physiques qui la connaissent, la comprennent, la défendent et s’occupent durablement de sa situation — puis apprendre à soutenir cette humanité sans la tenir.
Cahier 01
L’autodétermination a besoin d’une assise humaine
Recueillir un choix ne suffit pas. Ce cahier examine le contexte humain dans lequel la personne peut comprendre, réfléchir, expérimenter, refuser et faire évoluer ses choix.
PDF · 6 pages · 96 Ko
Cahier 02
Projet de vie horizontal, projets individuels verticaux
Le projet de vie accompagne la personne partout où elle est et partout où elle sera. Les projets individuels ou personnalisés organisent, service après service, les contributions particulières qui doivent s’en nourrir.
PDF · 6 pages · 95 Ko
Cahier 03
Protection juridique : protéger sans enfermer
Une mesure juridique peut protéger des actes et des intérêts. Elle ne remplace ni les relations humaines ni les personnes qui connaissent intimement la vie qu’il s’agit de protéger.
PDF · 5 pages · 95 Ko
Cahier 04
Une humanité de proximité et d’intimité, dans la durée
Être entouré d’intervenants ne signifie pas toujours être entouré humainement. Ce cahier aide à regarder qui est réellement présent, quels rôles sont tenus ou manquants et quels relais doivent être préparés.
PDF · 7 pages · 98 Ko
Cahier 05
Associations familiales et parentales : prolonger le combat
La pérennité des organisations ne garantit pas celle des relations humaines. Prolonger le combat des parents, c’est aussi aider chaque personne à disposer d’un cercle de personnes de confiance capable de durer au-delà d’eux.
PDF · 7 pages · 98 Ko
Cahier 06
Des droits, des moyens et des alliances pour soutenir sans tenir
Cette humanité ne peut pas dépendre uniquement du dévouement des familles ou de quelques professionnels. Son soutien doit trouver une place dans les droits, les moyens et l’alliance entre solidarités citoyennes et institutionnelles.
PDF · 9 pages · 102 Ko
Six approfondissements, une même conclusion : les démarches institutionnelles ne peuvent devenir pleinement effectives sans une humanité de proximité reconnue, soutenue et durable, qui demeure libre et n’appartient pas aux institutions.
08 · Les travaux pour aller plus loin
Deux textes récents pour entrer.
Tout un corpus pour approfondir et agir.
Ce mini-site concentre une clarification essentielle : l’autodétermination, le projet de vie, les projets individuels et la protection juridique restent incomplets tant qu’ils ne prennent pas appui sur une humanité de proximité et d’intimité reconnue et soutenue.
Cette pensée ne commence pas avec cette collection. Elle traverse depuis longtemps presque tout le corpus de DEDIĈI. Les ressources proposées ici en développent les dimensions humaines, pratiques, associatives, juridiques et politiques. Elles sont ouvertes et gratuites.
Les deux textes récents au départ de cette collection
Article d’entrée · Grand public
C’est ma vie
En partant des personnes qui ont le plus de difficulté à faire entendre leur volonté, cet article retrouve une question qui peut concerner chacun : comment rester l’auteur de sa vie lorsque l’on a besoin des autres ?
Il affirme que la vie appartient à la personne avant toute offre, tout projet institutionnel et toute mesure de protection.
Document de fond · Décideurs, praticiens, associations et chercheurs
Conditions humaines et relationnelles de l’autodétermination
Ce document approfondit les conditions humaines sans lesquelles l’autodétermination risque de rester une intention ou une procédure. Il croise les approches philosophiques, anthropologiques, juridiques et éthiques et examine les principales objections soulevées par cette pensée.
Les prolongements les plus directs
Le droit à une humanité de proximité
Une proposition juridique et politique pour reconnaître à toute personne la liberté de choisir une ou plusieurs personnes de confiance, de différencier leurs rôles, de faire évoluer ses choix ou de ne pas constituer de cercle.
Le droit ne créerait pas les relations. Il reconnaîtrait la liberté de la personne et demanderait aux institutions de respecter et de soutenir son cercle sans se l’approprier.
Découvrir la collection ↗Protéger sans substituer — Le Mandat de Protection de Tous les Temps
Une réflexion sur la protection humaine et relationnelle dans la durée, en complément des protections juridiques existantes.
Le Mandat de Protection de Tous les Temps cherche à préparer la continuité du cercle, de la défense et de l’attention portée à la situation de la personne, sans remplacer le juge, le mandataire ou les autres protections prévues par le droit.
Découvrir le Mandat de Protection de Tous les Temps ↗Après-Nous
Vingt-sept cahiers pour partir de l’inquiétude des parents et des proches et avancer vers une organisation humaine capable de continuer avec la personne.
La collection développe le cercle de personnes de confiance, la famille sociale étendue, les cinq rôles, la préparation des relais, le Mandat de Protection de Tous les Temps et la responsabilité des associations et des institutions.
Entrer dans la collection Après-Nous ↗Nous prenons la main pour préparer l’Après-Nous
Une initiative de parents et de proches qui souhaitent devenir les architectes de la continuité humaine autour de leurs enfants, avec le soutien des associations, des institutions et des pouvoirs publics.
Elle porte une demande simple : ne pas attendre la rupture pour rechercher les personnes qui continueront à connaître, défendre et entourer l’enfant devenu adulte.
Découvrir l’initiative Après-Nous ↗Mon projet de vie
Une collection consacrée au projet de vie comme réalité attachée à la personne, indépendante des offres et des projets élaborés par chaque service.
Elle permet d’approfondir la distinction entre l’horizontalité de la vie et les contributions verticales des accompagnements.
Découvrir la collection Mon projet de vie ↗Le Petit Toit
Une présentation de l’organisation humaine autour de la personne impliquée : son cercle de personnes de confiance, les rôles qui doivent être tenus et l’alliance nécessaire avec les grands toits institutionnels.
Découvrir Le Petit Toit ↗Retrouver l’ensemble des Cahiers de DEDIĈI
Ces ressources ne représentent qu’une partie du corpus. De nombreuses autres collections traitent de la même question depuis des portes d’entrée différentes : l’autodétermination, les personnes de confiance, la protection, le soulagement des aidants, les veilles, la fraternité, la continuité des parcours, les alliances citoyennes et institutionnelles ou encore le Code de la solidarité.
Parcourir toutes les Collections de DEDIĈI ↗ Découvrir la Boussole de DEDIĈI ↗
Qui connaît la personne, qui tient à elle, qui la défend et qui s’occupe activement et durablement de sa situation, partout où elle est et partout où elle sera ?
Les réponses institutionnelles sont indispensables. Elles deviennent pleinement effectives lorsqu’elles reconnaissent et soutiennent l’humanité de proximité et d’intimité de la personne.
Les grands toits doivent soutenir le petit toit, sans le tenir, et faire alliance avec lui.
DEDIĈI · Laboratoire d’idées citoyen
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